Alakazam dans le TCG Pokémon : l'histoire du Pokémon psy banni 20 ans, de la Base Set à la 151

Il y a des Pokémon qu'on reconnaît en un battement de cuillères. Alakazam fait partie de ceux-là : silhouette élancée, moustache de sage et quatre cuillères psychiques flottant autour de lui. Starter de luxe des dresseurs stratèges depuis 1996, il est aussi, dans le monde des cartes à collectionner, le héros d'une des histoires les plus étonnantes du TCG Pokémon : une disparition de vingt ans, provoquée par un procès bien réel. Retour sur l'un des Pokémon psy les plus marquants de la collection, de la Base Set à aujourd'hui.

Alakazam, le cerveau le plus puissant de la première génération

Dans les jeux vidéo, Alakazam a longtemps été la référence absolue du type Psy. Son profil de statistiques est sans équivoque : une Vitesse et une Spéciale parmi les plus hautes de la Génération 1, au prix d'une Attaque et d'une Défense physiques famélique. Le Pokédex le décrit comme doté d'un cerveau capable de calculer à la vitesse d'un supercalculateur, avec une mémoire photographique absolue. Autre particularité qui a marqué des générations de joueurs : Alakazam ne s'obtient qu'en faisant évoluer Kadabra par échange, un détail de game design qui a nourri d'innombrables souvenirs de cour de récré, entre copains s'échangeant leurs cartouches juste le temps d'une évolution.

Les cartes Alakazam qui ont marqué 30 ans de TCG

Base Set (1999) : la toute première apparition

Impossible de parler d'Alakazam sans remonter à la Base Set, le tout premier set occidental du Pokémon TCG. La carte Alakazam Holo (n°1/102), illustrée par Ken Sugimori lui-même, le character designer originel des 151 premiers Pokémon, montre le Pokémon entouré de ses quatre cuillères en lévitation. Comme toutes les Holo de la Base Set, elle existe en version Unlimited, Shadowless et 1st Edition, trois variantes aujourd'hui activement recherchées par les collectionneurs vintage, au même titre que le Dracaufeu de la même série.

Team Rocket (2000) : la version "obscure"

Un an plus tard, l'extension Team Rocket introduit le concept des cartes "Dark" (ou "obscures" en français), des Pokémon passés du côté de la Team Rocket avec un design retravaillé. Le Dark Alakazam de ce set, également en Holo, fait partie de ces cartes vintage à l'identité visuelle à part, très prisées par les collectionneurs qui aiment compléter toute une ligne d'évolution obscure plutôt qu'une seule carte isolée.

Le grand retour : Scarlet & Violet 151 (2023)

Après deux décennies d'absence quasi totale dans les nouveaux sets, Alakazam fait un retour en grande pompe dans Pokémon Card 151, le set hommage aux 151 premiers Pokémon sorti en 2023. La ligne complète Abra-Kadabra-Alakazam y est enfin réunie, avec un Alakazam ex en Special Illustration Rare (n°201/165), illustré par Shinya Komatsu. Cette carte, immédiatement devenue l'une des plus recherchées du set par les fans nostalgiques, a une signification toute particulière : elle marque la fin d'une histoire presque incroyable.

Le Pokémon qui a disparu du TCG pendant vingt ans

Voici l'anecdote qui rend Alakazam unique parmi tous les Pokémon : son évolution intermédiaire, Kadabra, a tout simplement cessé d'être imprimée dans le jeu de cartes entre 2003 et 2023. La raison ? Un procès intenté en 2000 par l'illusionniste britannique Uri Geller, célèbre pour ses tours de "pliage de cuillères" à la force de l'esprit. Geller estimait que Kadabra, dont le nom japonais ("Yungerer") et la cuillère tenue en main évoquaient directement son image, avait été créé sans son consentement. Résultat : plus aucune carte Kadabra n'a été imprimée après le set Skyridge en 2003, laissant la lignée Abra-Kadabra-Alakazam incomplète dans tous les sets suivants pendant deux décennies.

Le dénouement est presque aussi marquant que l'affaire elle-même : en novembre 2020, Uri Geller a publiquement présenté ses excuses et levé son opposition, écrivant à The Pokémon Company pour autoriser le retour de la carte. Il aura fallu encore trois ans avant que la ligne complète ne réapparaisse, en 2023, dans le set 151 évoqué plus haut. Peu de Pokémon peuvent se targuer d'avoir une histoire judiciaire aussi rocambolesque liée à leur propre carte à collectionner.

La cote d'Alakazam chez les collectionneurs

Comme beaucoup de Holo de la Base Set, l'Alakazam 1/102 a vu sa cote progresser de façon soutenue sur le long terme, portée par la demande constante pour le tout premier set occidental du jeu, surtout en version 1st Edition. Historiquement, ce type de carte vintage reste un segment suivi de près par les collectionneurs patients, davantage que par les spéculateurs court-termistes. Quant à l'Alakazam ex Special Illustration Rare de 151, sa cote a bénéficié d'un effet de rareté immédiat à la sortie, lié au symbole fort que représentait ce retour après vingt ans d'absence ; comme pour toute carte moderne à forte demande initiale, son évolution de prix reste à surveiller dans la durée plutôt qu'anticipée comme une valeur sûre. Dans tous les cas, Alakazam illustre bien un principe cher aux collectionneurs sérieux : ce sont souvent les cartes chargées d'une véritable histoire qui traversent le mieux le temps.

Compléter sa collection Alakazam

Qu'on cherche la Holo historique de la Base Set, une version japonaise d'époque ou les dernières sorties liées au set 151, la rareté et l'authenticité font toute la différence sur ce genre de pièces. Pour (re)découvrir l'ensemble de notre sélection de cartes et produits Pokémon authentiques, japonais, chinois ou français, direction notre catalogue complet — et pour remettre cette carte dans le contexte des trois décennies du TCG, notre article sur 30 ans de Pokémon TCG vaut le détour.